Community-base management, un nom qui en dit long…
Jolie nom non ? Mais depuis quelques temps, il revient souvent à Tumbak. Et c’est tant mieux nous diront les boss d’Acroporis (d’ailleurs, pourquoi que maintenant ?).
Voilà déjà trois mois que nous sommes à Tumbak, nos travaux avances bien, la langue est maintenant plus trop un problème (enfin bon…), il est grand temps de passer au choses sérieuses.
Ce deuxième rapport contiendra beaucoup moins d’informations, en effet, cela ne fait que quelques semaines, contrairement au premier. Je ferais donc juste un topo sur les suivis que nous voulons mettre en place, et les dernières nouvelles de Tumbak.
La gestion de la mangrove, problème de sédimentation
Nous avons rencontré, comme je vous disais dans le dernier rapport, un professeur de l’Université de Manado, Rignolda. Apres quelques discussion, un problème se soulève sur Tumbak : la sédimentation. En effet, selon les apports du bassin versant via les différents bras d’eau de la mangrove, les sédiments arrivent en quantité importante et s’accumulent. A terme, cela mènera à une fermeture de la mangrove, et toutes les conséquences qui l’accompagne (disparition progressive de la mangrove, des récifs coralliens adjacents au village, et de ce fait, le déplacement forcé de la communauté badjo).
Des signes sont déjà visibles, notamment le haut de certains grands arbres assujetti aux zones les plus exposées à cette sédimentation sont morts, au bout de Torogusso (le bout du village, exposé directement à la sortie des cours d’eau), certaines personnes ont déjà observé une hauteur de sédiment plus importantes.
Le laboratoire de géomorphologie est venu à Tumbak, avec toute son équipe (chercheurs et étudiants). Leurs premiers résultats confirment les déclarations énoncées auparavant. Nous sommes en attente de leur rapport complet. Concernant leur positionnement face au problème, le sujet est en standby, attendant une personne sensibilisée par ce problème souhaitant se positionner.
En ce qui nous concerne, nous souhaitons donc mettre en place un suivi de cette évolution sédimentaire :
1/ réaliser des transects sur les récifs directement exposés, afin d’évaluer leur état de santé
2/ réaliser des suivis participatifs sur ces récifs (ce qui permettra d’avoir une représentation visuelle de l’impact de cette sédimentation)
3/ réaliser des suivis participatifs de cette sédimentation (une dizaine de point de contrôle, à checker tous les 3 à 6 mois, selon la vitesse de sédimentation).
Etat de santé des récifs de la baie de Tumbak, un programme scolaire en vue
Sur ce sujet, rien de nouveau depuis le début des actions d’Acroporis : il est à surveiller !
De ce fait, nous souhaitons réaliser des suivis sur des zones précises, comme énoncer dans le rapport précédent. Ce suivi, qui n’est pas chose facile, nous souhaitons le réaliser via un programme scolaire à part entière. Nous avons eu l’aval du chef du village, reste à convaincre et à fidéliser les écoliers. Nous intervenons la semaine prochaine dans les classes.
Les ressources marines de la baie de Tumbak, l’espoir de créer des carnets de bords
Nous avons prévus de réaliser un programme de suivi des captures de pêche. Il existe une vingtaine de points de vente de poissons sur Tumbak, tenus par des femmes. De 1 à 10 pêcheurs par jours transitent par ces points de vente, vendant leur pêche du jour, qui sera revendu le lendemain dans les marchés avoisinants. Les femmes tenants ces minis points de vente notent ce qui est vendu (mais trop peu d’information).
Sur chaque point de vente, nous souhaitons mettre à disposition un carnet de bord, indiquant le lieu de pêche (carte quadrillé sur chaque point de vente), la quantité et le type de poissons péchés, la technique de pêche, le jour de pêche, et le prix de vente.
Nous avons l’aval du chef du village. Nous allons préparer une réunion avec toutes les propriétaires de ces points de vente afin de leur soumettre notre projet. Nous avons questionné certains pêcheurs, ils sont tous prêt à participer.
Le but est d’évaluer la durabilité des pêcheries (économiquement, écologiquement et socialement), à partir des données récoltées cette année, et de ces suivis participatifs.
Selon la dernière mission 2007, ainsi que nos questionnaires, c’est au villageois de gérer leur ressource, d’où le concept de Community-base management (wahou !).
Réunion avec les responsables du village
Nous venons de réaliser (enfin !) une réunion avec les personnes âgées du village (hukum Tua) qui sont en charge de Tumbak. Nous avons donc discuté de la problématique mangrove, du positionnement d’Acroporis et de l’Université de Manado (community-base management, encore !). Nous avons discuté également des suivis que nous voulons mettre en place, et de la venue de nouveaux arrivant. Comme toujours, pas de problème, ils sont très enthousiaste de nous voir chez eux, si c’est bien sure pour les aider dans toutes leurs démarches (d’ailleurs ils réclament une équipe d’hydrologistes français pour réaliser un forage sous Tumbak, ils espèrent avoir de l’eau…avis !…).
Je parlais dans le rapport précédent d’une rencontre avec un village “durable”. Le chef du village est tout à fait d’accord. Cela se réalisera avec le village de Wori. Seront présent le chef du village ainsi que deux personnes importantes de Tumbak, et un jeune (En l’occurrence, nous souhaitons la participation de Rihat).
Cela se réalisera, nous l’espérons, mi-juillet, afin de pouvoir filmer cette rencontre (l’équipe vidéo sera en Indonésie).
Nous sommes en attente de dates précises, afin de concilier tout le monde sur les disponibilités de chacun.
De nouveaux arrivant sur Tumbak, de merveilleux projets en perspective…
Yoann Aumond et sa sœur sont arrivés en Indonésie. Certains, et je pense pas mal, connaissent le phénomène Yoann Aumond. Il est de la première mission Tumbak (2006), et est très attendu au village.
Il se positionne sur les poissons d’aquarium. Il va travailler avec les villageois impliqués dans le commerce des poissons d’aquarium, en se focalisant dans un 1er temps à travailler avec les pêcheurs du village qui collectent ces poissons pour ensuite tenter d’améliorer les conditions de stockage, de manipulation et d’export de ces poissons au sein des structures existantes dans le village.
Comme les choses changent vite sur Tumbak, il va faire tout d’abord faire le bilan de la situation actuelle pour en référer aux organismes indonésiens susceptibles de collaborer sur ce projet (ONG LINI, Université). Retour sur Manado prévu dans 2 semaines.
Fort de son expérience en sensibilisation sur Nice avec Acroporis, il va épauler Yoan sur l’aspect éducation à l’environnement des scolaires.
Pascaline va quant à elle se pencher sur l’aspect culturel du village de Tumbak, par la création d’un référentiel culturel sur lequel les membres de l’association Acroporis pourront s’appuyer lors de leurs démarches. Il s’agira également d’évaluer le phénomène de déculturation de cette communauté après un siècle de sédentarisation, et sa conversion à l’Islam.
Nous attendons encore d’autres arrivant, l’équipe des boss, l’équipe de tournage, du renfort d’étudiant… et donc de nombreux projets en perspective.
Dam



